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SUD EDS représentatif à EDS France Elections CE/DP du 15/11/07 Chiffres-clés |
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A propos du projet de délocalisation d’activités au Maroc
EDS France souhaite délocaliser certaines activités au Maroc, dans le cadre d’une société créée par EDS et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) marocaine.
EDS emploie le terme policé de Bestshore, mais il s’agit bel et bien d’une délocalisation.
Le syndicat SUD EDS France est opposé à ce projet que nous jugeons peu argumenté et à courte vue.
Un projet peu argumenté
Le principal argument d’EDS, répété inlassablement, repose sur le fait que les coûts seront moindres au Maroc qu’en France. Tous les concurrents d’EDS allant dans ce sens, il faut y aller aussi !
Si les coûts annoncés sont effectivement inféreiurs de près de 50 % aux coûts en France, la structure de ces coûts n’est pas pécisée. En fait, cette faiblesse des coûts vient essentiellement de la surexploitation des salariés marocains par rapport à leurs collègues français :
- salaires 4 à 6 fois plus bas ;
- temps de travail 25 % plus long ;
- droit du travail minimum, encore revu à la baisse depuis le 8 juin 1994 (loi 65-99), spécialement en vue d’attirer des entreprises étrangères ;
- protection sociale et droits à la retraite insuffisants.
La faiblesse des coûts trouve d’autres sources dans les coûts de structure moins élevés et subventionnés par le pays d’accueil, et une fiscalité plus faible.
Pour le reste, impossible de connaître la réelle structure des coûts.
Un projet à courte vue
Aujourd’hui, on s’aperçoit que les coûts progressent dans les pays qui accueillent les délocalisations. Ainsi en Inde, les salaires des ingénieurs sont à la hausse, au point que la société de services informatiques indienne Tata est en train de se tourner vers le Vietnam… La hausse des infrastructures, comme les loyers, participe également à la baisse des marges opérationnelles.
Pour argumenter sa décision de délocalisation au Maroc, la multinationale EDS avance la possibilité d’affaires sur le marché local. Mais l’analyse est un peu courte. Existe-t-il à ce jour un marché solvable au Maroc ? Quelques éléments d’analyse permettent d’en douter :
- le Produit national brut marocain, le 146ème du monde (1694 $ par an et par habitant – chiffres 2005) est l’un des plus faibles de l’ensemble Maghreb – Machrek ;
- l’accord de libre-échange maroco-européen de février 1996, prévoyant la libre circulation des marchandises et des capitaux, menace fortement le tissu industriel local, au point que nombre d’économistes prévoient la fermeture d’un tiers du parc industriel national.
Conclusion
La faiblesse de l’argumentation présentée par la direction d’EDS révèle sans doute que tout n’est pas dit aujourd’hui. L’attrait des subventions ne serait-il pas une motivation essentielle ? Certains exemples montrent que des sociétés sont capables de délocaliser pendant quelques années pour ramasser le maximum de subventions, puis de déménager lorsque la source se tarit.
Dans cette situation le Comité d’entreprise d’EDS Answare s’est déclaré dans l’impossibilité d’être valablement consulté (voir motion du 19/07/07).