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N°40 - Avril 2009

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Depuis juillet 2007, EDS France a commencé à délocaliser certaines activités vers le Maroc. C’est une filiale d’EDS et de la Caisse de dépôt et de gestion marocaine qui en est destinataire. Pour examiner la situation des salariés dont le travail part au Maroc, la direction d’EDS propose un accord mettant en place une commission de suivi. Nous y sommes défavorables pour plusieurs raisons.

 

SUD est défavorable au projet d’accord intitulé « Accord de mise en place d’une commission paritaire de suivi des salaries impactes  par le transfert d’activités existantes vers le Maroc »


1.     Une logique d’accompagnement

Dès la première phrase de ce projet, les organisations syndicales signataires se devraient d’accepter la logique patronale de recherche du profit maximum à tout prix : « Le développement des activités offshore, notamment au Maroc, s’inscrit dans une nécessité économique pour renforcer la compétitivité et l’activité d’EDS France. »

Nous avons contesté cette logique de court terme qui repose sur la surexploitation des salariés des pays destinataires.

 

Il ne s’agit donc là que d’accompagner les décisions de la Direction d’EDS.

 

2.     Pas d’obligation de résultat

L’entreprise ne prend aucun engagement en matière de reclassement. De fait, elle écoutera poliment les remarques des membres de la commission de suivi, et prendra ses décisions en toute liberté.

Comme il n’y aura aucune anticipation, les salariés se trouveront face au fait accompli, et personne ne contestera les choses sur le fond.

 

3.     Eviter tout PSE, jugé trop coûteux

Dans le cas de suppression collective de postes de travail, ce qui sera le cas pour les transferts d’activité vers le Maroc ou d’autres destinations « offshore », la loi prévoit une importante consultation du comité d’entreprise et la mise en place d’un Plan de sauvegarde de l’emploi.

En cas de PSE, le CE a accèss à plus d’informations, il peut nommer un expert, et la direction a l’obligation de justifier sa décision. Sur le plan social, des propositions sérieuses de reclassement doivent être faites aux salariés concernés. Si le reclassement n’aboutit pas, il est possible de mettre en œuvre des formations lourdes, des aides financières, et au pire des indemnités de départ plus conséquentes que les indemnités prévues par la Convention collective.

Avec ce projet d’accord, rien de tout cela : le CE est de fait dessaisi de ses missions qui se voient confiées à une commission composée de représentants syndicaux non élus par les salariés.

 

4.     Le CE abandonne tout recours en justice

Les élus avaient mandaté le secrétaire du CE pour poursuivre la direction en justice, pour non respect de ses obligations: en effet, les transferts d’activité vers le Maroc avaient commencé avant la fin de la consultation du CE, ce qui est illégal.

La direction a trouvé une échappatoire en conditionnant la signature de cet accord à l’abandon des poursuites.

 

5.     La Direction joue et gagne

La boucle est bouclée, la Direction gagne sur tous les plans, avec la complicité de la plupart des organisations syndicales (CFE-CGC, CFTC et CGT ont donné un avis favorable, CFDT s’est abstenue, SUD a donné un avis défavorable).

Elle s’apprête à transférer des centaines de postes de travail au Maroc avant la fin 2008, elle évite de consulter le CE à chaque nouveau transfert, elle économise sur les mesures de reclassement des salariés et elle échappe au recours en justice.

SUD ne mange pas de ce pain là. Nous appelons l’ensemble des organisations syndicales à rejeter ce projet d’accord, et à mener bataille contre chaque projet de transfert d’activité qui ne s’accompagnerait pas d’un engagement ferme de la Direction à reclasser l’ensemble des salariés.

 

Le 13 décembre 2007

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36 emplois supprimés sur le compte Carrefour

La Direction d'EDS refuse de s’engager sur les reclassements

 

La Direction  d'EDS a décidé de transférer dans sa filiale marocaine 36 emplois du compte Carrefour. Sans véritable consultation du comité d'entreprise, par un PSE déguisé (Plan de sauvegarde de l’emploi), mais sans les moyens prévus par la loi dans le cadre d’un vrai PSE.

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La Direction refuse d’engager ces moyens (obligation de reclassements, formations, etc). Pour cela, elle prend prétexte de la mise en place d’une prochaine « commission paritaire de suivi des salariés impactés par le transfert d’activités vers le Maroc ».

C’est pourquoi SUD, lors du CE du 12 décembre, a donné un avis défavorable sur le projet d’accord mettant en place cette commission.

Malheureusement, SUD a été seul sur cette position, et l’avis du CE a été favorable :

5 pour (4 CGC, 1 CFTC)

6 abstentions (6 CFDT)

1 contre (1 SUD)

Le représentant CGT a donné un avis favorable.

Le cynisme de la Direction est allé jusqu’à inverser les points à l’ordre du jour du CE pour obtenir l’avis sur cette commission avant l’information sur la suppression des 36 emplois !

Cerise sur le gâteau : le CE, par cet avis, a renoncé aux actions en justice concernant le transfert des activités au Maroc…

 

Lire le projet d'accord refusé par SUD >>>

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ACCORD DE MISE EN PLACE D’UNE COMMISSION PARITAIRE DE SUIVI DES SALARIES IMPACTES  PAR LE TRANSFERT D’ACTIVITES EXISTANTES VERS LE MAROC

Entre :

La Direction générale de la Sociétés EDS France SAS,  représentée par Arnaud BIENAYME

D’une part,

Les organisations syndicales représentatives de la société EDS France SAS,

D’autre part, Préambule

Le développement des activités offshore, notamment au Maroc, s’inscrit dans une nécessité économique pour renforcer la compétitivité et l’activité d’EDS France.

 

Par ailleurs il est du devoir de l’entreprise de se mobiliser pour s’assurer que chaque affectation de collaborateur soit en meilleure adéquation possible entre les besoins de l’entreprise et les compétences du collaborateur.

Pour ce faire, les parties ont décidé de créer une commission paritaire de suivi  des collaborateurs liée au transfert d’activités existantes au Maroc.

Objet et périmètre

L’objectif du présent accord est de définir les modalités de mise en place et de fonctionnement de la commission paritaire de suivi pour tout projet de transfert d’activités au profit de la société EDS CDG IT Services Maroc ayant un impact sur les collaborateurs d’EDS.

Il est entendu que, si d’autres collaborateurs étaient concernés par des transferts d’activité au profit d’autres entités offshore que le Maroc, le rôle de la commission serait élargi à ces activités et au suivi des salariés ainsi concernés.

Si des contrats importants arrivaient à expiration, la direction pourrait demander à la commission de se saisir du dossier.

 

1.    Rôle de la commission

Le travail de la commission se compose de trois principales tâches :   

 

-        Suivi des affectations des collaborateurs concernés

-        Examen et avis sur les affectations proposées

-        Propositions éventuelles d’accompagnement complémentaire ou d’affectation alternative

 

La commission pourra notamment s’assurer que toutes les alternatives d’affectations sont examinées et envisagées individuellement. Dans ce cadre, ses membres apprécient que les paramètres liés au poste de travail (pré-requis définis par l’entreprise) et ceux propres au collaborateur (qualification, compétences, évolution de carrière, lieu d’habitation…) sont en bonne adéquation. Pour ce faire, la direction s’engage à fournir tous les renseignements utiles et existants demandés par les membres de la commission.

 

Si la Commission estime que les affectations proposées par la Direction ne sont pas appropriées, la commissions peut proposer des solutions alternatives qui seront discutées en son sein et proposées à la Direction.

Si l’affectation d’un collaborateur n’avait pu être définie, à la date de la réunion suivante sa situation pourrait à nouveau être évoquée par la commission.

La Direction prendra ensuite une décision

La commission peut proposer toute initiative de développement de compétences (coaching, formation, etc.). Ces initiatives seront mises en œuvre selon les règles de l’entreprise en la matière.

Parmi les propositions de la commission, il peut être envisagé de donner une formation à un collaborateur. Le suivi de ces demandes de formation sera assuré par le Service Formation et transmis à chaque réunion de la commission ainsi qu'à la commission de formation, en indiquant les points et raisons de refus éventuels.

Pour tout problème éventuel d’affectation dans le cadre d’un transfert d’activité, qui n’aurait pas trouvé de solution satisfaisante dans le cadre  des circuits habituels, les collaborateurs pourront librement s’adresser à la commission.

Il est entendu que la commission travaille dans un esprit constructif,  d’efficacité et de rapidité.

2.    Composition de la commission

-         Un représentant de la Direction des Ressources Humaines qui la préside 

-         Un Ressource Manager ou son équivalent

-         Deux managers désignés par la Direction générale d’EDS France

-         Un représentant du Service Formation

-         Un représentant par organisation syndicale. Pour chaque représentant, un suppléant sera nommé, mais il n’assistera aux réunions qu’en l’absence du représentant désigné. 

3.    Documents utiles

La Direction s’engage à donner mensuellement à la commission les documents suivants :

3.1.                    Documents collaborateurs

-        Liste des collaborateurs sans affectation ou dont l’affectation arrive à son terme du fait du transfert de l’activité en offshore

-         Liste des collaborateurs affectés sur de nouveaux postes suite à ce transfert d’activité avec la durée prévue de la mission.

-         Liste des collaborateurs affectés sur des postes dont la qualification est inférieure à la leur avec date de prise de fonction dans le poste et la durée prévue de la mission (situation qui ne peut excéder 6 mois)

 

3.2.                    Documents « Postes à pourvoir »

 

-       Liste des postes à pourvoir : ces postes sont définis par les managers dans le cadre de leurs besoins et selon le process en vigueur dans l’entreprise ; ils doivent comporter les compétences, qualifications et formations requises.
Cette liste inclut notamment, les postes pour lesquels une annonce externe est prévue (sauf exception liée au type du poste), les postes de prestataires, intérimaires et CDD dont le remplacement est considéré comme possible par la Direction.
 

 

4.    Périodicité des réunions

 

La commission se réunit au moins une fois par mois et plus souvent si nécessaire. Les dates des réunions sont fixées conjointement par les participants.

 

5.    Publicité sur l’existence et les travaux de la commission

 

 

La Direction informera les collaborateurs concernés de  l’existence de la commission dès la signature du présent accord.

La commission adresse mensuellement aux organisations syndicales représentatives d’EDS France SAS un rapport succinct relatant le travail effectué. Ce rapport, validé par la Direction, doit comporter au minimum : le nombre de salariés affectés et celui des salariés restant à affecter, les solutions préconisées et les difficultés éventuellement rencontrées.

La commission désignera lors de sa première réunion le responsable de la rédaction du rapport.

6.    Durée de l’accord

Le présent accord est conclu pour une durée indéterminée.

Il entrera en vigueur après réalisation des formalités de dépôt.

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A propos du projet de délocalisation d’activités au Maroc

 

EDS France souhaite délocaliser certaines activités au Maroc, dans le cadre d’une société créée par EDS et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) marocaine.

 

EDS emploie le terme policé de Bestshore, mais il s’agit bel et bien d’une délocalisation.

 

Le syndicat SUD EDS France est opposé à ce projet que nous jugeons peu argumenté et à courte vue.

 

Un projet peu argumenté

 

Le principal argument d’EDS, répété inlassablement, repose sur le fait que les coûts seront moindres au Maroc qu’en France. Tous les concurrents d’EDS allant dans ce sens, il faut y aller aussi !

 

Si les coûts annoncés sont effectivement inféreiurs de près de 50 % aux coûts en France, la structure de ces coûts n’est pas pécisée. En fait, cette faiblesse des coûts vient essentiellement de la surexploitation des salariés marocains par rapport à leurs collègues français :

 

-         salaires 4 à 6 fois plus bas ;

 

-         temps de travail 25 % plus long ;

 

-         droit du travail minimum, encore revu à la baisse depuis le 8 juin 1994 (loi 65-99), spécialement en vue d’attirer des entreprises étrangères ;

 

-         protection sociale et droits à la retraite insuffisants.

 

La faiblesse des coûts trouve d’autres sources dans les coûts de structure moins élevés et subventionnés par le pays d’accueil, et une fiscalité plus faible.

 

Pour le reste, impossible de connaître la réelle structure des coûts.

 

Un projet à courte vue

 

Aujourd’hui, on s’aperçoit que les coûts progressent dans les pays qui accueillent les délocalisations. Ainsi en Inde,  les salaires des ingénieurs sont à la hausse, au point que la société de services informatiques indienne Tata est en train de se tourner vers le Vietnam… La hausse des infrastructures, comme les loyers, participe également à la baisse des marges opérationnelles.

 

Pour argumenter sa décision de délocalisation au Maroc, la multinationale EDS avance la possibilité d’affaires sur le marché local. Mais l’analyse est un peu courte. Existe-t-il à ce jour un marché solvable au Maroc ? Quelques éléments d’analyse permettent d’en douter :

 

-         le Produit national brut marocain, le 146ème du monde (1694 $ par an et par habitant – chiffres 2005) est l’un des plus faibles de l’ensemble Maghreb – Machrek ;

 

-         l’accord de libre-échange maroco-européen de février 1996, prévoyant la libre circulation des marchandises et des capitaux, menace fortement le tissu industriel local, au point que nombre d’économistes prévoient la fermeture d’un tiers du parc industriel national.

 

Conclusion

 

La faiblesse de l’argumentation présentée par la direction d’EDS révèle sans doute que tout n’est pas dit aujourd’hui. L’attrait des subventions ne serait-il pas une motivation essentielle ? Certains exemples montrent que des sociétés sont capables de délocaliser pendant quelques années pour ramasser le maximum de subventions, puis de déménager lorsque la source se tarit.

 

Dans cette situation le Comité d’entreprise d’EDS Answare s’est déclaré dans l’impossibilité d’être valablement consulté (voir motion du 19/07/07).

 

 

 

 

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A propos du transfert d'activités au Maroc

L'information fournie au CE sur les motivations conduisant au choix de délocaliser certaines activités d'EDS Answare au Maroc, sur la structure des coûts de cession, l'imprécision sur les éléments concernant l'entité EDS Answare, le manque de délai entre la remise des documents et leur examen en CE, le peu de temps accordé par la Direction à l'examen de ce point en séance, ne nous permettent pas d'être effectivement consultés sur ce projet.
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