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Expressions Solidaires

N°40 - Avril 2009

* Edito : A la croisée des chemins ?
* Dossier central : Guadeloupe, Martinique, Guyane
* Trois questions à SUD Rail suite aux élections professionnelles à la SNCF
* G20, tout ça pour ça !

 

undefined - Un été chaud ?

- Grève chez PSA à Aulnay (93)

- Grève chez Inoplast à Flers (59)

- Grève chez Valeo à Amiens (80)

- Grève chez Lear Corporation (60)

- Chômage, inquiétude partout...

- Beaucoup d’Energie... pour la lutte !

- Bienvenue aux camarades qui nous rejoignent dans Solidaires Industrie

 

SUD EDS représentatif à EDS France
Elections CE/DP du 15/11/07
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SUD EDS-HP

Bulletin d'adhésion

Syndicat SUD EDS France et A&O 

Union syndicale Solidaires

Local national SUD EDS
Tél. 01 47 29 55 97

Délégué syndical central SUD EDS
Thierry TRICAUD 06.07.27.59.92

info@sudeds.com

Communiqués Solidaires

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En principe, lorsqu'on s'adresse à quelqu'un, c'est qu'on a quelque chose à lui dire et donc on aime bien que l'autre comprenne ce qu'on lui dit. En principe...

Les dirigeants d'EDS et HP ne voient pas les choses de la même façon. Quel que soit l'interlocuteur, quel que soit l'intérêt du message, ils écrivent en anglais. Ce qui exclut de l'information bon nombre de salariés, et qui montre le peu d'intérêt qu'ils portent à leur propre parole !

Par exemple, Mark Hurd, PDG d'HP, annonce à tous qu'il va dire des trucs super intéressants sur les résultats financiers du 1er trimestre 2009 (qui va du 1er novembre 2008 au 31 janvier 2009, mais ça c'est une autre histoire...). Il invite tous les salariés à participer à une conférence en ligne pour avoir tous les détails. Il insiste même sur l'intérêt de sa communication : "
It's important for all of you to have a clear understanding of our strategy, priorities and performance, but it's just as important for us to understand what's on your minds. I encourage you to pre-submit a question, and we will do our best to address as many as we can during the broadcast."

Nous aurons été très nombreux à ne pas participer à cette conférence !
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Un nouveau procès, engagé par des salariés pour l'emploi de la langue française dans leur entreprise, a été gagné.
 
Il opposait le comité central d'entreprise et le syndicat CGT à la direction de NEXTIRAONE FRANCE, entreprise située à Saint-Denis (93).
 
Par jugement du 6 mai 2008, le Tribunal de grande instance de Paris a condamné la société NEXTIRAONE :
 
 - à faire traduire avant le 1er octobre 2008, sous astreinte de 5 000 euros par jour de retard, les logiciels et documents utilisés dans le cadre d'un dispositif de gestion dénommé Saphire,
 
- à verser la somme de 3 000 euros au comité d'entreprise et au syndicat CGT.
 
Bravo aux salariés qui se sont battus avec succès pour la langue française.
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Christine Lagarde, prix de la "Carpette anglaise"

Le Prix 2007 de la "Carpette anglaise"cerné à "un membre des élites françaises" pour son soutien à la langue anglaise au détriment du français, a été décerné à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a annoncé l'Académie de la Carpette dans un communiqué.
Le jury, présidé par l'écrivain Philippe de Saint Robert, reproche à Mme Lagarde de "communiquer avec ses services en langue anglaise".

Autres prix
Le prix spécial à titre étranger est attribué à la police de Genève pour avoir diffusé une publicité intitulée "United Police of Geneva".
Parmi les "candidats" au prix de la Carpette anglaise 2007 figurait notamment l'hôpital Jean Monnet d'Épinal "pour avoir piloté pendant de nombreuses années ses appareils de radiothérapie avec un logiciel en anglais, pratique qui a contribué à la sur-irradiation de centaines de personnes".

En 2006, le prix de la "Carpette anglaise" avait distingué le Conseil constitutionnel pour "ses nombreux manquements à l'article 2 de la Constitution qui dispose que la langue de la République est le français".

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Intervention SUD-CGC-CGT d'EDS France

Jean-Paul Garagnon, délégué syndical SUD et élu CE était invité à témoigner lors de ces rencontres. Il est intervenu au nom des syndicats SUD, CGC et CGT d'EDS France.


Résumé - Cette question du plurilinguisme à l'entreprise nous semble digne d'être d'avantage traitée par nos organisations, pour plusieurs raisons :

  1. 1. les pratiques d'EDS constituent une discrimination permanente entre salariés dans l'accès à l'information et à la formation ;
  2. 2. ce n'est pas pour rien que la loi fait obligation de l'utilisation du français pour tout ce qui concerne en particulier des consignes à respecter, ou des travaux à exécuter ;
  3.  
  4. 3. la pratique d'un mauvais anglais au détriment du français contribue à un appauvrissement culturel des salariés ;
  5.  
  6. 4. la volonté d'imposer l'anglais comme "langue unique" accompagne la bataille idéologique tendant à imposer le libre-échange comme "système unique" dans les échanges, ou l'externalisation comme un passage obligé ; et on pourrait citer bien d'autres exemples.

C'est pourquoi quelques élus insistent régulièrement sur cette question. Les récents succès remportés dans d'autres entreprises montrent qu'il est possible sur ce terrain aussi de faire respecter les droits des salariés.


 

Cette question du pluri-linguisme à l'entreprise nous semble digne d'être d'avantage traitée par nos organisations, pour plusieurs raisons :

1. les pratiques d'EDS constituent une discrimination permanente entre salariés dans l'accès à l'information et à la formation ;

Chez EDS France, l’usage de l’anglais tend à être imposé à l’ensemble du personnel, indépendamment du lieu de travail, de la législation, de l’emploi occupé, de la formation des salariés.

Les courriers électroniques sont envoyés le plus souvent directement des Etats-Unis (siège mondial au Texas) ou de Grande-Bretagne (état-major européen à Londres) ; mais des messages en anglais peuvent aussi être envoyés du siège français.

Ces envois concernent :

-         les informations sur la situation financière du groupe ;

-         le suivi des affaires (contrats remportés) ;

-         les changements d’organisation ;

-         les nominations de responsables.        

Il peut aussi s’agir de demandes adressées aux salariés :

-         règles de sécurité ;

-         comportement avec les clients ;

-         règles d’éthique ;

-         formations qu’il est demandé aux salariés de suivre sur le site internet du groupe ou par téléphone ;

-         enquêtes de satisfaction ;

-         fiches de renseignements à remplir.

Quand des salariés réclament une traduction dans la langue officielle du pays dans lequel ils travaillent, voici un exemple des réponses qu’ils peuvent s’attirer :

Désolé pour la traduction faible. J'ai soulevé votre inquiétude à ma gestion proposant que nous ayons des bulletins de multilanguage.

Thanks,

X

Ils peuvent aussi parfois faire l’objet de forts reproches et de pressions de la part de leur hiérarchie.

Le cynisme est poussé au bout lorsque, à une demande de traduction en français, on leur répond :

Can you send your question in English, please.

Autre exemple : en mars 2007, la direction met en place un nouveau processus, appelé « Redcard » ayant la vocation de faire remonter au sommet de la hiérarchie les remarques des salariés. Une fois de plus, le descriptif du mode opératoire est en anglais.

Ayant adressé le 5 mars une « Redcard » relative au manque de traduction, j’ai reçu dès le lendemain la réponse suivante :

Jean-Paul

Me pardonner si cet email ne traduit pas complètement en Français pendant que j'emploie un service de translatiion de google.

Confirmer juste, votre carte rouge a été ajoutée à la liste pour que l'équipe régionale de conduite passe en revue et dès que nous aurons la rétroaction de l'équipe, nous serons en contact avec leur réponse.

Sincères amitiés

X 
Regional Lead for iMatter and Red Card

La réponse suivante expliquait en anglais que la solution proposée était en cours de développement, que la direction allait voir avec les différentes filiales nationales ce qu’il y avait lieu de traduire, qu’un budget y serait consacré, tout en réaffirmant que l’anglais était la langue de travail de la société, et concluant que puisque ce travail était en cours, ma « Redcard » était clôturée.


2. ce n'est pas pour rien que la loi fait obligation de l'utilisation du français pour tout ce qui concerne en particulier des consignes à respecter, ou des travaux à exécuter ;

Peut-on réellement s’attendre à ce que des consignes soient respectées si elles sont formulées dans une langue que ne comprend pas ou que ne maîtrise pas le salarié qui en est destinataire ?

Comment peut-on faire progresser la qualité du travail fourni lorsque les éléments nécessaires ne peuvent pas être assimilés par certains salariés :

-         les tâches à effectuer sont régulièrement transmises au salarié par courriel en anglais ;

-         les outils logiciels utilisés sont en anglais, ou très partiellement traduits ;

-         les formations destinées à utiliser les outils ou les procédures obligatoires sont dispensées le plus souvent en anglais ;

-         les documentations sont en anglais.

Il s’ensuit forcément une discrimination entre salariés, pouvant avoir des conséquences graves pour le travail des gens, la qualité du travail effectué, leurs relations avec leur hiérarchie et leur carrière. On en arrive à ne plus inviter aux formations (en anglais, et parfois par téléphone) sur les nouveaux outils (en anglais) des salariés qui se sont plaints de ne pas recevoir la formation en français.

 

3. la pratique d'un mauvais anglais au détriment du français contribue à un appauvrissement culturel des salariés ;

La plupart du temps, l’anglais n’est pas vraiment maîtrisé par ceux qui l’utilisent. Erreurs et contresens sont monnaie courante.

Et même lorsqu’ils utilisent le français, les « anglicistes usuels » en arrivent à faire des contresens, traduisant littéralement et de façon simpliste des mots ou des expressions qu’ils utilisent en anglais. Sans même parler des fautes d’orthographe.

Dans ce cadre-là, l'orthographe, la syntaxe et la précision des mots employés ne sont plus des critères de qualité.

 

4. la volonté d'imposer l'anglais comme "langue unique" accompagne la bataille idéologique tendant à imposer le libre-échange comme "système unique" dans les échanges, ou l'externalisation comme un passage obligé ; et on pourrait citer bien d'autres exemples.

En économie, le discours dominant tend à répandre l'idée que les règles et le fonctionnement actuels sont l'évidence même, qu'ils constituent LE système unique dont les règles doivent être acceptées de tous.

Il en va de même pour les langues, où l'anglais devrait devenir la "langue unique", portée par ceux là mêmes qui portent le "système unique".

C'est pour toutes ces raisons que quelques représentants du personnel d'EDS France insistent régulièrement sur cette question, tout en convenant que ce n'est pas forcément la préoccupation principale des salariés d'EDS.

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Rencontres syndicales :

" Français

et plurilinguisme

à l’entreprise "

Montreuil

Vendredi 1erjuin 2007

Participation de Francine Blanche,
secrétaire de la Cgt


La prédominance, voire le monopole d’usage, de la langue anglaise, ou plutôt du « globish », où elle s’abîme souvent elle-même, nous interpellent tous.

Dans la dernière période de nombreux abus et illégalités ont été dénoncés par les salariés. (Le Peuple 1640 du 13 décembre 2006). La presse s’est faite l’écho de ces résistances et luttes syndicales, souvent victorieuses. Plusieurs fois des employeurs ont été condamnés et contraints par décision de justice à se conformer à la législation en vigueur quant à l’usage de la langue française comme langue de travail sur le territoire.

Pourtant nous sommes loin du compte et dominent encore dans de nombreux groupes et entreprises, de dimension européenne et internationale, des pratiques discriminant, dans les pays francophones, la langue française. De la même manière, des entreprises ne respectent pas davantage les langues des pays où elles s’implantent ou avec qui elles commercent.

Les conséquences ?

Conditions de sécurité et de travail dangereusement aggravées. Qualité des relations sociales dégradée. Vie des institutions représentatives entravée. Performances commerciales et économiques, contrairement aux discours de certains employeurs, à la vue courte, affaiblies. Constructions de solidarités vraies et solides entre les travailleurs de différents pays rendues plus difficiles.

L'initiative syndicale que nous organisons se veut un temps d’échanges d’expériences pour démultiplier l’action dans les entreprises, mais en solidarité avec nos amis d’autres pays et d’autres organisations syndicales. Leur présence nous permettra d’élargir notre réflexion et de conjuguer nos efforts pour le respect de toutes les langues et pour que vive la diversité des langues et donc des cultures .

 

PROGRAMME

8 h 45 - Accueil

9 H 30 - En liminaire
Communiquer et se comprendre au travail: les enjeux linguistiques
Alain Supiot, professeur de droit, Université de Nantes

10 H - Français et plurilinguisme à l’entreprise.

• Quatre enjeux : Discrimination - Sécurité - Vie sociale, culturelle et démocratique (instances représentatives)

- Vie économique.

Franck Guillaumet, conseiller à la Politique culturelle Confédérale, Raymond Besson, (sous réserve), Association «Droit de comprendre»

Maître David Métin, avocat en droit social

• Trois témoignages : Jocelyne Chabert (CGT Gems),

Jean-Loup Cuisiniez (CFTC Axa), Jean-Paul Garagnon, intersyndicale Eds France (CGT, Sud, CGC)

12 H 45 - Repas (Possibilité de restauration sur place)

14 H 15 - Dans le cadre d’une économie mondialisée, agir ensemble pour le plurilinguisme et le respect des langues des différents peuples, au niveau de nos échanges syndicaux européens et internationaux et dans les institutions représentatives.

André Leclerc, (sous réserve), FTQ (Québec). Christian Tremblay, président de l’observatoire Européen du Plurilinguisme. Mariannick Lebris, conseillère Confédérale Europe international (CGT) CSCCNE, (Bruxelles). Ann Le Nouail, membre du Conseil Economique et Social Européen

16 H 30 - Interventions de Clôture.

Francine Blanche, secrétaire de la CGT, participera à nos travaux et nous aidera à en tirer des suites.

Vendredi 1er Juin 2007

de 9 h 30 à 17 heures

Accueil dès 8 h 45

 

 CGT

Salle Polyvalente
Immeuble des Fédérations

163, rue de Paris
93 – Montreuil

(Métro : ligne 9. Porte de Montreuil)

Contacts et Inscription
Politique Culturelle Confédérale - CGT
263, rue de Paris - 93 516 Montreuil Cedex
01 48 18 86 89 ou 06 82 30 68 40
(Catherine Senand 01 48 18 86 62)
télécopie 01 48 18 32 58
culture@cgt.fr

 

 

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Parlez-nous français !

 

Nous recevons plusieurs fois par semaines des mails en langue anglaise, provenant de différentes structures EDS. La plupart d’entre nous détruit ces messages immédiatement, certains les classent sans les lire, peut-être y en a-t-il même qui les lisent…

Du fait, il se crée une inégalité entre les salariés qui peuvent prendre connaissance de certaines informations, et ceux qui ne le peuvent pas.

Nous avons donc décidé de nous renseigner sur le cadre juridique et d’agir pour faire changer les pratiques de la direction d’EDS.

Le cadre juridique

Que dit la loi en ce domaine ? On pourrait s’attendre à ce qu’elle impose de parler français aux salariés travaillant en France, mais est-ce vraiment le cas ?

La Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française stipule en son article premier : « Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. »

Langue du travail, donc ? Pas si sûr.

Le Code du travail, en son article Art. L. 122-39-1 nous dit : « Tout document comportant des obligations pour le salarié ou des dispositions dont la connaissance est nécessaire à celui-ci pour l'exécution de son travail doit être rédigé en français. Il peut être accompagné de traductions en une ou plusieurs langues étrangères. »

Jusque là, tout va bien, mais attendons la suite.

« Ces dispositions ne sont pas applicables aux documents reçus de l'étranger ou destinés à des étrangers. »

Retour à la case départ ! Comment se conformer à des obligations que l’on ne comprend pas ? Et si les salariés de Toyota France reçoivent des consignes rédigées en japonais ? Et pourquoi l’anglais serait-il traité différemment du japonais ?

Saisie des autorités

Devant ces allers-retours juridiques, nous avons pris l’initiative d’alerter le Ministère de la Culture, compétent dans ce domaine.

Réponse du responsable de la mission "plurilinguisme, francophonie, français dans le monde" de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du Ministère de la culture et de la communication : « Le point que vous évoquez est préoccupant, et croyez bien que nous y portons toute l'attention qu'il mérite.

(…)

Personnellement, je suis stupéfait que l'employeur étatsunien néglige sa communication à ce point : car de son strict point de vue d'efficacité, que vaut une "communication" qui ne communique pas ? »

Nous avons alors envoyé une Fiche d’observation à l’association Droit de comprendre, habilitée par le Ministère de la Culture, comme nous l’a conseillé un responsable ministériel qui nous a contactés.

Réponse du vice-président de Droit de comprendre :« Ce que vous expliquez est en effet intolérable. Sous prétexte que les documents proviennent de la maison mère aux E.U.A., le personnel français est informé sur la vie de l'entreprise et doit prendre en compte des consignes à partir de documents rédigés en anglais.

Nous vous encourageons à réagir auprès de votre direction et à envisager éventuellement une action contentieuse. Nous sommes prêts à vous y aider par des conseils, la fourniture de documentation et d'argumentaires, la mise en relation avec des syndicalistes ayant déjà vécu cette expérience et en alertant les pouvoirs publics et les parlementaires.

Dès le retour de notre président de DDC, spécialiste de cette question du droit du travail, nous reprendrons contact pour échanger des informations plus précises.

En attendant, nous vous invitons à rassembler autour de vous des collègues convaincus comme vous de la nécessité de réagir contre cette discrimination linguistique. Il est en effet important que vous vous mobilisiez en interne pour présenter un front suffisamment fort. Et nous savons, par expérience, que cela n'est pas le plus facile... »

Question à la direction d’EDS

Dans le même temps, nos délégués du personnel interpellaient la direction en ces termes : « Nous recevons de la direction d'EDS de nombreux courriers en langue anglaise. Nous demandons que ces courriers soient traduits en français, en particulier ceux qui nécessitent des réponses à un questionnaire ou le respect de certaines obligations. »

Voici la réponse officielle de la direction : « Lorsque les mails ou notes viennent d'un autre pays, il n'y a pas d'obligation à ce qu'ils soient traduits. Les informations importantes sont en général transmises par la DRH en français (souvent par courrier). Ponctuellement, il peut y avoir des demandes nécessitant information et traduction totale ou partielle en français. A ce jour, il n'y a pas de problème particulier. L'utilisation d'evolve est en attente. Les salariés doivent en cas de problème se rapprocher de leur hiérarchie. "

Premier pas insuffisant

Depuis, la direction a une nouvelle fois demandé aux salariés de remplir un questionnaire nommé " evolve " sur les qualifications. Premier résultat de notre action, ce questionnaire a été partiellement traduit ; mais les libellés des réponses possibles sont systématiquement en anglais, ce qui rend toute réponse impossible. Même les salariés parlant anglais et ayant essayé de répondre au questionnaire reconnaissent qu’ils peuvent être amenés à faire de fausses réponses ; car certains termes peuvent prendre des sens différents en fonction du pays et de sa culture.

Actuellement, la hiérarchie se fait pressante auprès des salariés pour les inciter à remplir ce questionnaire.

Nous considérons cette demande illégale et nous encourageons les salariés à ne pas y répondre.

La direction d’EDS reconnaît le problème en livrant une traduction partielle, mais s’arrête en chemin. Est-ce vraiment un effort au-dessus de ses forces que de traduire un tel questionnaire, alors même que cette traduction pourrait être utilisée par les milliers de salariés employés dans des pays dont le français est la ou une des langue(s) officielle ?


En savoir plus

> DELEGATION GENERALE A LA LANGUE FRANCAISE ET AUX LANGUES DE France
http://www.dglf.culture.gouv.fr

> CODE DU TRAVAIL
http://www.legifrance.gouv.fr

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